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Mme Pierre-Louis refuse la petite porte Le Premier ministre, Michèle D. Pierre-Louis, est sorti de son silence. Dans une déclaration préenregistrée diffusée sur les ondes de plusieurs stations de radio de la capitale, Mme Pierre-Louis rejette d'un revers de main les accusations portées contre son gouvernement par les sénateurs de Lespwa et leurs alliés. Michèle D. Pierre-Louis n'attend pas la séance d'interpellation de jeudi prochain pour défendre l'action gouvernementale. Contrairement à la rumeur de son éventuelle démission, Mme Pierre-Louis se montre prête à affronter le groupe de parlementaires l'accusant d'être la cause de tous les maux du pays. Fière des réalisations de son équipe, Michèle D. Pierre-Louis a, dans sa déclaration préenregistrée, renouvelé son engagement d'oeuvrer à l'amélioration des conditions de vie de la population haïtienne.
Si Mme Pierre-Louis reconnaît que les sénateurs exercent une prérogative constitutionnelle en interpellant le gouvernement, elle fustige par contre la manière de procéder. « En revenant de Stockholm, j'ai trouvé la lettre d'interpellation à mon bureau, s'est-elle indignée. Cela rappelle les pratiques anciennes. Les sénateurs pourraient agir avec plus d'élégance. » Elle a, par ailleurs, remercié tous ceux qui, depuis le week-end écoulé, ont manifesté leur solidarité au gouvernement.
Les principales accusations portées contre le gouvernement ont été abordées par Mme Pierre-Louis. Les 197 millions de dollars américains mis à la disposition du gouvernement pour venir en aide à la population après le passage des cyclones et ouragans de l'année dernière ont été dépensés en toute transparence. « J'avais remis en janvier dernier la liste de tous les contrats signés à partir des fonds d'urgence, a fait savoir Mme Pierre-Louis. J'espère que les parlementaires ont eu le temps de lire ces documents pour bien réaliser le travail de contrôle qui les tient à coeur. »
Pour couper court aux accusations de corruption portées par des parlementaires contre son gouvernement, Michèle D. Pierre-Louis annonce qu'elle va diligenter trois audits parallèles pour prouver que les fonds d'urgence ont été dépensés dans la transparence. Le chef du gouvernement dit croire qu'un audit de la Cour supérieure des Comptes, un autre de l'inspection générale des finances et un autre d'un auditeur interne feront taire ses détracteurs. « Si je dois partir, je sortirai la tête haute », a-t-elle dit. Contrairement aux accusations des sénateurs interpellateurs, Mme Pierre-Louis se donne un satisfecit. « La conférence des bailleurs tenue en avril dernier à Washington, la récente visite des dizaines d'entrepreneurs étrangers dans le pays sous l'égide de l'ex-président Bill Clinton, le forum des entreprises de la Grande Caraïbe tenu à Port-au-Prince la semaine écoulée, la certification du pays par le président Barak Obama dans le cadre de la loi HOPE II, l'annulation d'une partie de la dette externe du pays », sont quelques-uns des éléments cités par Mme Pierre-Louis pour montrer que son gouvernement a bien rempli sa mission.
D'ici à la fin de l'année, le chef du gouvernement promet la création de quelque 26 mille emplois grâce à un projet concocté de concert avec l'USAID. Quelque 10 millions dollars, d'après Michèle D. Pierre-Louis, seront débloqués par l'organisme américain dans le cadre dudit projet. L'ancienne patronne de la Fokal a, par ailleurs, salué l'engagement des autres organismes internationaux comme l'Union européenne en faveur du peuple haïtien. Selon Mme Pierre-Louis, de bonnes notes ont été aussi obtenues en ce qui concerne la lutte contre la corruption et la réforme de l'Etat. Implicitement, Michèle D. Pierre-Louis estime qu'un vote de censure contre son gouvernement va saper tous ses efforts et ouvrir la voie à l'instabilité politique.
Aucune mention du chef de l'Etat, René Préval, n'a été faite par Michèle D. Pierre-Louis qui a tiré à boulets rouges sur ses détracteurs. « Il est toujours facile de critiquer, mais tel n'est pas toujours le cas quand il s'agit de se mettre ensemble pour réaliser quelque chose », a-t-elle indiqué.
Accusé d'être l'instigateur de l'interpellation de Michèle D. Pierre-Louis au Sénat, le président René Préval n'a porté, pou sa part, aucun support public au gouvernement. Si les sénateurs interpellateurs nient être à la solde de l'Exécutif, ils reconnaissent, toutefois, avoir informé le chef de l'Etat de leur initiative réprouvée par certains secteurs du pays. Pour l'instant, selon le journal américain Miami Herald, Michèle D. Pierre-Louis peut compter sur le soutien de la communauté internationale dont la Secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton. source....lenouvelliste Read 8 Comments... >> |